Martial Solal, Dave Douglas

Rue De Seine

Cam Jazz CAMJ 7780-2

Item: full_album_8024709778024_CD

Artists :
Dave Douglas ( Trumpet )
Martial Solal ( Piano )
Release date
Jan 24, 2006
Duration
0:48:41

Imagination, rigor, intelligence, humor -- these are a few of the salient characteristics we've come to expect from Martial Solal and Dave Douglas, in their separate and distinctive careers.


Solal, the wry genius of modern jazz piano, and Douglas, the protean trumpeter and composer, hail from different continents and generations, and their intersection was far from inevitable. But as this album proves, great artists have a way of finding common ground -- and spurring each other to greater heights. (N.Chinen)


Recorded in Paris on 6, 7 July 2005 at Acousti Studio Recording engineer Jean Marc Pinaud


Liner notes by Nate Chinen

Reviews

Rue De Seine
Here's a meeting of minds. For all of their stylistic differences, Dave Douglas and Martial Solal pull off the not inconsiderable feat on Rue De Seine of accommodating each other at the same time as they retain their own distinct musical identities. In an ideal world this should of course place quite naturally in the field of improvised music, but such is the quality of this release that, among other things, it reminds the listener just how infrequently this happens in reality. Douglas tempers his usual fire with an unusual degree of reflection, and Solal accommodates the trumpeter at the same time as he retains the creative vision he has developed on record with everyone from Sidney Bechet to Lee Konitz.

The fact that Douglas and Solal pull off this feat within the arguably demanding setting of a trumpet and piano duo is also notable; despite all the idiomatic differences, perhaps the only precedent in this admittedly small field is the duo of Ruby Braff and Ellis Larkins, and it would be nice to think that Douglas and Solal are destined to record together as much as that duo did.

Rue De Seine has none of the contemplative air that some might associate with the duo format. Even "Fast Ballad" is suffused with a depth of musical intelligence that skilfully bypasses the obvious. The same is true of the four standards. Of these, the musicians' reading of "Have You Met Miss Jones?" best celebrates their differences and their ability to come together. It's here also that Solal arguably offers the firmest evidence of why he has been celebrated in certain quarters for a long time. "Here's That Rainy Day" works well because both musicians clearly understand and have an appreciation for the value of understatement.

Of the originals that make up the balance of the programme, Douglas's "Blues To Steve Lacy" captures the essence of the lamented giant, to such an extent that the listener can easily conceive of the man himself negotiating his way through the piece's plangent melody.
14/03/06www.allaboutjazz.comNic Jones
Martial Solal - Dave Douglas
Paris, 54 rue de Seine, Studio Acousti, les 6 et 7 juillet 2005. Martial Solal et Dave Douglas se retrouvent en studio à l'initiative du producteur italien Ermanno Basso. Une journée de déchiffrage, une autre d'enregistrement. Deux jours de travail méthodique, en toute simplicité, empreint d'élégance et d'humour (je peux en témoigner, j'y étais). Ils se rencontrent pour la première fois, et se connaissent depuis toujours. Le duo, ils en connaissent les géographies et s'y livrent avec gourmandise, dans une conversation savamment inspirée où chacun parvient à magnifier les saveurs du jeu de l'autre. S'y déploient la rigueur la plus légère et la gravité la plus joueuse. Et si un duo, comme tout autre groupe quand la musique est vive, ce sont des volontés qui s'expriment, des désirs qui s'affirment, des rêves qui s'aventurent dans le risque, l'inconnu, l'inouï, ils le vivent dans un rapport immédiat au jeu, à l'instant, à l'autre. Soit un parfait accord musicien comme il est de bienheureux mariages mystiques. Télépathie, fluidité, apesanteur, économie du propos, maîtrise méticuleuse des dynamiques, leur musique est vertigineuse de liberté, fraîcheur et brillant. Tout en équilibre et mobilité, toujours pensée en perspective, elle met en œuvre une grande variété de points de vue, sans jamais perdre le sens de la forme globale; c'est un modèle de courage hédoniste, de plaisir audacieux, de gourmandise assumée. D'où un duo vif argent pour le moins jubilatoire, équilibre apparemment fragile et pourtant indiscutable, obtenu tout simplement par une quête de l'évidence.
01/03/06Jazz Magazine - Disques d'émoiFranck Medioni
Martial Solal, sans tambours mais avec un trompette
Dès qu'on cesse de prendre le jazz pour du "jazz", Martial Solal s'impose à tous. Solal (Alger, 1927) offre au jazz tout ce que le jazz espère : la fraîcheur de la science, l'innovation dans l'instant, la drôlerie exacte, le renouvellement. Plus une carrière exceptionnelle, faite de créations (il a composé la musique d'A bout de souffle de Godard et interprété celle de Jean Ledrut pour Le Procès d'Orson Welles), de reconnaissance (New York l'a cérémonieusement adopté deux fois à cinquante ans de distance), d'invention spontanée.

Tous les classiques savent qu'il joue à leur hauteur ; tous "les Américains" l'aiment ; tous les musiciens le respectent. La question n'est pas là. La question est qu'à chaque note, Solal n'en a jamais fini avec la musique. Il ne croit, pour mieux l'oublier, qu'à la technique ; pour lui tordre le cou, qu'à la maîtrise ; pour le servir, qu'au jazz génialement déconstruit. Tout concert est une fête, un jeu de l'esprit, une sidérante dégustation musicienne.
Solal aime les big bands, les trios (Kenny Clarke, batterie, et Pierre Michelot, contrebasse), il aime aussi les duos. Les duos ont toujours des airs de double jeu, double entente, corps à quatre mains. Jeu de vilain, d'amitié et de gosse. Ou tu forces l'altérité de l'autre que tu choisis, ou vous sombrez à deux - au mieux, dans l'ennui. Le duo piano-trompette est de loin le plus menacé. Pas seulement parce qu'il évoque irrésistiblement les duos trompette-orgue qui conduisent tant de mariages au divorce, mais parce que les instruments sont trop virilement marqués.
Or Solal s'est depuis des siècles entiché d'un trompettiste de trente ans son cadet, Eric Le Lann. Leur duo réédité à partir d'un concert, Portrait in Black and White, est une merveille : standards, relances, aisance, science, sapience, tout au sommet, avec cette jubilation du pianiste dans les basses et les "pompes" royales. Chez les très grands musiciens, il faut traquer le petit rôle : c'est là qu'ils se révèlent.
La curiosité, c'est que Solal s'est acoquiné avec un autre trompettiste remuant, iconoclaste, imprévisible, Dave Douglas. Leur Rue de Seine a les mêmes mérites que les duos avec Le Lann. Simplement, il s'agit de deux autres. Ecoutez en regard les deux albums : sans comparaison, sans hiérarchie, ni palmarès, simplement pour tenter de comprendre. Comprendre comment la musique vient, comment la musique se pronostique sans jamais se prévoir.
De tout cela, Solal donne l'explication sans se le dire, dans un superbe et long livre d'entretiens avec Xavier Prévost. Avec tout ce qu'il faut de discrètes confidences et d'humour.
28/03/06LE MONDEFrancis Marmande
Rue de Seine
Le génial pianiste aime le duo, cette façon de jouer le double jeu, celui de l'entente cordiale plutôt que la confrontation. Après celui avec Eric Le Lann (Portrait in black & white enregistré en 1999, réédité récemment chez Nocturne) qu'il fréquente depuis longtemps, voici celui avec un autre trompettiste, Dave Douglas (de trente-cinq ans son cadet) dont il connaissait seulement le nom, pas la musique. Après l'écoute de quelques disques de son futur partenaire et sur proposition des producteurs de CamJazz à Rome, Martial Solal entre en contact avec le trompettiste ; ensemble, ils décident d'écrire chacun trois thèmes et de compléter par des standards ; l'osmose fut immédiate, l'écoute et l'entente spontanées, après une journée passée à se re/connaître et à déchiffrer. Pouvait il en être autrement avec deux musiciens dont la technique et la maîtrise de leur instruments, leur aptitude à la connivence, le goût du risque calculé, de la liberté encadrée ainsi qu'un certain sens de l'humour sont tellement évident(e)s. Ces quarante-huit minutes de plaisir, de jubilation, débutent par un thème typiquement solalien suivi d'hommage émouvant à Steve Lacy, composition de Dave Douglas ; après un blues aux astucieuses circonvolutions/déambulations, une ballade de D.D. jouée en solo par M.S. For Suzannah. L'empathie se poursuit dans les thèmes suivants composés par les interprètes avec une confondante ressemblance et réciprocité dans l'écriture. Dans les quatre standards ( enregistré en début de séance) qu'ils connaissent sur le bout des doigts et des lèvres, c'est l'arc-en-ciel permanent, le feu sans artifices, l'aventure pour l'aventure, l'éclat, l'éblouissement, l'émerveillement, voire l'extase (Body and Soul et All the things you are métamorphosés)… propositions, provocation, séduction, alchimie de rigueur savante et d'équilibre audacieux, à moins que ce ne soit l'inverse… et réciproquement.
01/04/06www.culturejazz.free.frJacques Chesnel
MARTIAL SOLAL - DAVE DOUGLAS - 5 stars out of six
Den franske pianisten Martial Solal og den amerikanske trompeteren Dave Douglas kommer fra forskjellige verdener og forskjellige generasjoner. Kanskje akkurat derfor har det blitt stor musikk ut av møtet? Solal er på alle måter en veteran med sine 78 år. Det betyr at han nesten kunne ha vært bestefaren til Douglas som akkurat har passert 43. Aldersforskjellen er ikke egna til å bekymre disse to fantastiske musikantene og bør dermed ikke skremme noen andre heller. Etter å ha vokst opp i Algerie, kom Solal til Paris på 50-tallet og har siden vært en svært sentral skikkelse både nasjonalt og til dels også internasjonalt med sitt uhyre personlige, moderne pianospill. I 1999 blei han tildelt den meget prestisjetunge danske Jazzpar-prisen -- en solid indikasjon på hvilken anerkjennelse han nyter. Dave Douglas har de siste godt og vel 10 åra etablert seg som kanskje den mest spennende trompeteren på verdensbasis. Vi snakker om en musikant som er umulig å båssette -- når du tror du vet hvor du har han, så dukker han opp et helt annet sted på musikk-kartet. Han har hele tida gått langt utenpå den store hopen med neo-tradisjonalister som USA er full av. I denne unike konstellasjonen med piano og trompet får vi en blanding av originalstoff av både Solal og Douglas og standardlåter som «Have You Met Miss Jones», «Body and Soul», «Here's that Rainy Day» og «All the Things You Are». Vi blir invitert med på usedvanlig eleverte samtaler mellom to meget kloke menn med helt forskjellig erfaringsbakgrunn -- noe som fører til musikk vi aldri har hørt maken til tidligere. «Rue de Seine» er et svært godt eksempel på at jazz på dette nivået er fullstendig tidløs og at geografi og alder ikke spiller noen som helst rolle.
28/03/06www.pub.tv2.noTor Hammerø
MARTIAL SOLAL DAVE DOUGLAS Rue de Seine
Cette année au Midem pour Cam Jazz, bureau dans la partie privée de l'Espace Riviera. Il fallait bien ça pour présenter cet album pur - diamant. Recommandation: commencez l'écoute par les quatre standards hyper connus (plages 7 à 10) pour bien apprécier le dialogue piano/trompette. Ensuite, les trois compositions originales de chacun s'ouvrent à l'émerveillement. A remarquer que Martial devait assurer l'intro et le thème du 'Suzannah' de Dave: il s'est retrouvé seul jusqu'à la coda sans que le trompettiste ébloui n'intervienne. 'Rue de Seine' un album détonnant-étonnant.
08/03/06Jazz Forum InternationalPierre Lapijover
RUE DE SEINE
Ancora un grande miracolo sotto il cielo del jazz, dato che i due protagonisti di questo bellissimo album sono sotto molti punti di vista quanto più lontani si possa immaginare : tanto per cominciare sotto il profilo anagrafico, avendo il pianista francese Martial Solal ben trentacinque anni più dell'americano Dave Douglas, uno dei trombettisti più in evidenza dell'ultimo decennio e senza dubbio il più fertile dal punto di vista creativo. E certo anche le sensibilità artistiche dei due sono sulla carta molto differenti, essendo Solal un "magister" di immenso valore ma di impostazione naturalmente mainstream e Douglas un jazzista più accomunabile al movimento d'avanguardia che alla tradizione. Eppure in questo "passo a due" pensato e organizzato dall'etichetta italiana CAM Jazz, non nuova a questi exploit, tutto funziona in modo straordinario. L'incontro avviene infatti a metà strada, con il pianista voglioso di dimostrare in primis a se stesso di essere più moderno di quanto si potesse pensare e il trombettista ben felice di convincere anche in situazioni tradizionali da lui oggettivamente assai poco praticate, specie su disco. La coppia trova quindi un incredibile quanto efficace interplay, che si manifesta sia nei sei brani originali che aprono il disco, equamente scritti dai due, sia sui quattro standard che sono posti, probabilmente ad arte, in chiusura, ognuno un piccolo capolavoro di misura, sensibilità e tecnica. E tutto questo, lo abbiamo scritto in apertura e lo ribadiamo adesso si verifica grazie al jazz, che accomuna età, diversità geografiche e persino stili diversi.
Non ci vuole molto a capire che siamo in presenza di uno dei dischi più belli ed intensi da noi ascoltati negli ultimi tempi.
Speriamo che Solal e Douglas tornino presto a frequentarsi.
Incisione perfetta.
10/03/06AudioreviewMarco Crisostomi
DOUCE FRANCE Tre pianisti jazz a Parigi
Swing sulla Senna. Perché la Parigi di oggi è tornata a essere capitale del jazz (di qualità). Perché in Francia questa musica più che una moda è un modo (di sentire, di far dialogare culture). Perché gli album dei jazzisti sono promossi venduti come dischi pop.
Non stupisce dunque che da Oltralpe arrivi un tris di lavori pianistici di livello.
A cominciare da quello di Martial Solal, 79 anni, spirito libero e conoscenza enciclopedica, che questa volta duetta con Dave Douglas. In "Rue de Seine" (per la romana CAM) il maestro franco-algerino sfoggia il suo tocco nervoso dialogando senza rete con la tromba avantgarde dell'amico americano.
Tra brani originali (lo struggente "Blues for Steve Lacy") e standard ("Body and Soul", "All the Things You Are"). Disco mercuriale, pervaso da spirito monkiano...
12/04/06Il GiornoIvo Franchi
MARTIAL SOLAL DAVE DOUGLAS Rue de Seine - three stars and half out of five
Ecco un disco da ascrivere alla categoria forse un po' anomala, sotto il profilo specificatamente musicale, degli incontri storici, che nel jazz hanno iniziato a verificarsi nel momento in cui l'evoluzione della musica ha consentito il succedersi di numerose tendenze e la compresenza di solisti appunto di epoche o scuole differenti. Se ne potrebbero citare a centinaia a partire dagli anni Cinquanta, anche se la straordinarietà di questi eventi è percepibile solo quando i musicisti sono diversi per età e magari lontani in fatto di culture musicali. Lo storico incontro tra Solal e Douglas appartiene più al primo caso che al secondo, nel senso che siamo di fronte a un pianista francese di settantanove anni accanto a un trombettista bianco americano di soli quarantatre: in mezzo due generazioni, almeno tre-quattro svolte per la storia jazzistica. Ma i due hanno molto in comune, pur tra antipodiche frequentazioni. Per entrambi vale il discorso di un jazz concettuale, sempre molto ispirato, nonché intrinseco al doppio filo dell'improvvisazione musicale. Ma quelli di Solal e di Douglas sono anche due jazz molto strutturati in profondità, con una ricerca che guarda soprattutto agli sviluppi della musica classica europea degli ultimi centocinquant'anni. Difficilissimo, quasi impossibile, commentare a parole le loro poetiche: il jazz di Solal non è bepop, ma nemmeno free; il free di Douglas non è più la rabbia new thing e nemmeno l'oltranzismo susseguente. In questo disco poi gli animi sembrano rappacificati con il mondo e con se stesso, nel senso che s'avvicina a un jazz quasi classico, pur senza rinunciare alle proprie espansioni. Il modello da seguire è ancora quello insuperato di Louis Armstrong che con Earl Hines nel lontano 1928 incise un brano di tre minuti - Weather Bird - per soli tromba/pianoforte: un capolavoro assoluto. Furono in pochi a seguirlo e solo più tardi, come Dizzy Gillespie con Oscar Peterson nell'album omonimo (Pablo, 1974). O adesso in Rue de Seine, tra qualche blues originale e tanti grandi standard, il dialogo tromba/pianoforte si rinnova all'insegna di una lezione jazz indimenticabile.
14/03/06BuscaderoGuido Michelone
Martial Solal & Dave Douglas Rue de Seine
Die Rue de Seine ist eine Straße in Paris, jener Stadt, in der Martial Solal schon seit seinem 22. Lebensjahr lebt. Galerien bestimmen ihr Erscheinungsbild, ein verführerischer kosmopolitischer Hauch weht um die Häuserzeilen. Der richtige Ort und auch das passende Motto für ein Gipfeltreffen der ganz besonderen Art. Der französische Pianist, in puncto Subtilität, Technik und Fingerlauf mittlerweile oberste Richtschnur Europas, empfängt einen Gast aus Amerika, aus einer anderen Generation, einer anderen Dimension. Dave Douglas, irrwitzigster, vielseitigster und unberechenbarster Trompeter der Gegenwart, ist 35 Jahre jünger als Solal. Normalerweise interessiert er sich für Samples, osteuropäischen Klezmer, Poetry, Stummfilme oder politische Aktionen. Hier interessiert sich Douglas nur für seinen Partner. Sie diskutieren, fantasieren, plappern, scherzen, streiten offenbar in "July Shower", emotionalisieren wie in "Have You Met Miss Jones", trauern gemeinsam wie im "Blues For Steve Lacy" und saugen dabei nach und nach ein Stück der Sensibilität des anderen auf. Sich auf halbem Weg treffen, wäre wohl die richtige Metapher, wenn das nicht automatisch einen Kompromiss implizieren würde. Mancmal stehen sich zwei konträre Welten näher, als dies schlaue Analysten wahrhaben wollen. Im unsynchronen Gleichklag wie Pendel zwischen den Kontinenten hin -- und herschwingend. Wer mag, kann's auch eine Sternstunde nennen.
02/05/06Jazzthing - CD der Wocherk
Rue De Seine - 4 stars out of 5
Ancora una perla si aggiunge al vasto catalogo della Cam Jazz, da sempre fautrice di proposte stimolanti nei vari ambiti jazzistici. Maestro riconosciuto del pianismo jazz europeo, Martial Solal è il protagonista di un disco eccelso, in cui riluce tutto il suo immenso talento, ancora una volta al servizio di una brillante progettualità. Al suo fianco troviamo un partner d’eccezione ed oltremodo ispirato nel condividere una musica tanto raffinata quanto coinvolgente negli esiti.
Brillante esponente dell’avanguardia bianca newyorkese dell’ultimo decennio, Dave Douglas conferma per l’ennesima volta quella cifra versatile che aveva già caratterizzato i precedenti progetti per regalarci un nuovo risvolto (lunare, intimista) della sua personalità artistica. Opposti e complementari per quel che riguarda la formazione, i due musicisti si integrano a meraviglia, incorporando l’attitudine espressiva del proprio compagno di viaggio.
Il loro è un confronto quanto mai stimolante tra due generazioni di musicisti, che trovano un punto d’incontro in uno scavo diversificato delle armonie condotto brillantemente nel suo percorso variegato. La formula scelta dal duo è stata ampiamente documentata negli ultimi anni sul piano discografico; ed a fare la differenza e rendere quanto mai seducente tale incontro è propria la statura musicale di due musicisti al di sopra della media, che aggiungono al magistero tecnico la voglia di mettersi in discussione e rimodellare il proprio stile.
A partire dal bel tema iniziale, il repertorio esalta il solismo di due spiriti liberi, capaci di interagire su climi diversi (andamento blues, pratica improvvisativa, bozzetti espressionisti) dall’alto di una disinvolta naturalezza nell’eloquio. Lo attestano in modo inequivocabile i dieci brani proposti, in cui risaltano alcune caratteristiche di condotta strumentale: è il caso della tromba insolitamente più morbida, lirica e rotonda di Douglas, ben incastonato all’interno dell’elegante e rilassato pianismo del musicista francese, anch’egli camaleontico nel far propria la cifra stilistica frammentata, frastagliata
17/05/06italia.allaboutjazz.comMaurizio Zerbo
Martial Solal/Dave Douglas
De tous les pianistes de jazz européens, Martial Solal est l'un des premiers à s'être affranchi des standards américains en préférant développer une réflexion singulière -- non dépourvue d'humour -- sur le swing et la mélodie, dans laquelle l'intelligence et la rigueur le disputent à l'imagination depuis des lustres. Plus jeune de trente-cinq ans et américain, le trompettiste Dave Douglas n'a pas seulement puisé son inspiration dans le jazz puisqu'il s'est notamment alimenté aux sources des musiques klezmer, classique et contemporaine. Comme son aîné, c'est un musicien moderne, cultivé, extravagant et insaisissable. Sur le papier, la rencontre entre ces deux-là promettait d'être exceptionnelle, ce que confirment les terrains de jeu qu'ils ont trouvés sur le trépidant Rue de Seine, la vaste palette harmonique et kaléidoscopique du vétéran aiguillonnant constamment les sinuosités du trublion new-yorkais. Même si l'on pense parfois au Tiny Bell Trio, ce duo possède un style bien à lui. Sur leur hommage au défunt Steve Lacy comme sur l'ensemble du disque, il éclate avec une telle évidence que cela en est jouissif pour les oreilles.
12/05/06www.lesinrocks.comPhilippe Robert
Dave Douglas: Rue De Seine
Rue De Seine, a duet album with European keyboard maven Martial Solal, takes on the challenge of creating cohesion in a cross-Atlantic, cross-generational cultural conflation. Both Douglas and Solal are intellectually restless and adamantly individual, and they not only manage to find common ground, a middle passage, but achieve a real triumph in the resolution of their differences.
Each artist contributes original pieces, including Douglas' "Blues To Steve Lacy," a dirgy paean, and "For Suzannah," whose side-slipping modalities are deftly harmonized by Solal's sensuous, spread voicings. After stretching out on each other's tunes, the two virtuosos close the set with four deconstructed and reinterpreted standards, including a fractal version of "Have You Met Miss Jones?" and a tastefully delivered "Here's That Rainy Day."
23/05/06AllAboutJazz.comThomas H. Greenland
Martial Solal/Dave Douglas Rue de Seine
A dividere Martial Solal e Dave Douglas ci sono molte cose: età, nazionalità, esperienze, riferimenti stilistici. Eppure, a unirli ce ne sono ancora di più: innanzi tutto, un'intelligenza acuminata, capace di spiazzare l'ascoltatore con soluzioni del tutto inaspettate e, insieme, inevitabilmente logiche. Pio, il gusto per il rischio che li porta a scartare tutte le vie già battute per infilarsi su sentieri ardui e avventurosi. Infine, una maestria strumentale che ha pochi paragoni. La prima parte di "Rue de Seine" contiene sei originali, tre per ciascun musicista: più astratti e dissonati quelli di Solal, di un lirismo più pensoso quelli di Douglas, fra i quali spicca il solenne, commovente Blues for Steve Lacy, uno dei punti più alti dell'intero disco. La seconda parte comprende quattro riletture di standard: Have You Met Miss Jones, in cui la tromba di Douglas rievoca l'asciutta pacatezza di Woody Shaw; Body And Soul, depurata di qualunque sentimentalismo di maniera; Here's That Rainy Day, sospesa in una gelida, lunare fissità; e All the Things You Are, che vive del contrasto tra la linearità del discorso stilistico di Douglas e le continue destrutturazioni armoniche e ritmiche di Solal. Da ascoltare con orecchie e cervello bene aperti.
23/05/06JazzitSergio Pasquandrea
MARTIAL SOLAL AND DAVE DOUGLAS
What a wonderful record. Martial Solal, maybe the finest jazz pianist in Europe, teams up with Dave Douglas, one of jazz's most intuitive trumpeters, and the results are wholly satisfying. These men are intellectual players, but they betray plenty of emotion here and interact so well that you get the feeling they could finish each other's sentences--in English or in French.

The musicians offer three compositions apiece; the remaining four are standards. They kick things off with a sprightly, refreshing "July Shower," which finds Douglas' muted trumpet dancing all over Solal's attack. The mood turns serious for the hymn "Blues to Steve Lacy," with Douglas blowing plaintively against the dirge of the dragging piano. A playful and mischievous "34 Bar Blues" follows, and then Solal takes it solo on Douglas' pretty tune "For Suzannah."

Once the newer tunes are out of the way, the duo turns its attention to standards. Their interpretation of “Body and Soul” is lovely, and their “Here’s That Rainy Day” is full of grace. Things conclude with a gorgeous reading of "All the Things You Are," which features a nice, fat tone from Douglas. These guys obviously enjoy playing with each other. Luckily they let us in on their intimate exchange.
01/06/06Jazz TimesSteve Greenlee
Dave Douglas - Martial Solal (four stars out of five)
A remarkable meeting of minds and musical worlds, nowhere better exemplifield then on the mournful 'Blues for Steve Lacy', a douglas composition thet works its way for soulful introduction to passionate flurries of notes, with Dave's fiery horn underpinned by the grumbling undercurrent of Solal's inventive piano. They tiptoe round each other of Solal's elliptical '34 Bars Blues', Solal creates a soulful solo portrait in Dave's 'For Susannah's, and they rejoin one another for a series of deconstructed standards. Among these I enjoyed the mischievous 'Have you met Miss Jones?' which stretches time in a most elastic fashion, with witty musical banter winging to and for between the veteran Algerian and the young American with lighting speed.
01/04/06JazzwiseAlyn Shipton
Martial Solal & Dave Douglas RUE DE SEINE - three stars
Un pianista dal tocco obliquo incontra un trombettista avantgarde

Parigi è tornata a essere la capitale europea del jazz. Perché qui gli album dei jazzisti vengono promossi e venduti come dischi pop. Non stupisce dunque che oltralpe emergano giovani pianisti eccellenti quali Eric Legnini (belga con radici italiane trapiantato in Francia: ‘Miss Soul’ è l’esordio per Label Bleu) e Baptiste Trotignon (‘Solo II’, cd più dvd su Naïve). E nemmeno stupisce che si riscoprano alcuni maestri come il franco-algerino Martial Solal, strumentista strepitoso e ottimo arrangiatore, dentro e fuori dal jazz. Capace, alla verde età di 79 anni, di dettare con un altro spirito libero della musica come Dave Douglas. In RUE DE SEINE – registrato a Parigi per l’etichetta romana CAM – questo veterano del pianoforte sfoggia il suo tocco obliquo e nervoso dialogando senza rete con la tromba avantgarde dell’amico americano. Tra brani originali equamente divisi (lo struggente ‘Blues For Steve Lacy’) e originali riletture di standard (da ‘Body And Soul’ a ‘All The Things You Are’). Disco mercuriale, per palati fini. E molto, molto parigino…
25/05/06JAMIvo Franchi
Martial Solal e Dave Douglas, magnifico sodalizio
Due generazioni, due scuole, due strumenti a confronto. Solal, vecchia gloria del pianoforte jazz francese, avrà ottant’anni nell’agosto 2007. Douglas, rivelatosi al principio degli anni Novanta fra i migliori trombettisti americani, è oggi uno splendido quarantenne, come amava dire di sé Nanni Moretti. Viene da chiedersi perché mai non hanno pensato prima a questo loro magnifico sodalizio. Sono entrambi tecnici superbi che non sbagliano una nota, hanno forza espressiva e stili complementari. I brani sono dieci: i primi sei sono di loro composizione (tre e tre, per essere equi), poi si passa ai temi standard: ‘Have You Met Miss Jones’, ‘Body and Soul’, ‘Here’s That Rainy Day’, ‘All The Things You Are’. Il dialogo è sempre intenso, creativo, come se i due suonassero insieme da qualche decennio. Questo succede quando i musicisti (gli improvvisatori) sono davvero grandi.
25/05/06Amadeusredazione
Martial Solal & Dave Douglas RUE DE SEINE
Trumpeter Dave Douglas has been on a roll; and it just happens to be a hot streak that’s lasted more than a decade. Over that period, he’s presented his tunes in loads of changing contexts, and many specific projects have come and gone since then.
...Douglas also thrives in a more off-the-cuff context with the Algeria-born French pianist Martial Solal on “Rue De Seine”. The first six selections alternate between original tunes by the pair, but the performances don’t ping-pong esthetically.
Two of the trumpeter’s tunes were also cut on the quintet album, so this disc offers a nice glimpse into the compositions in more skeletal form. Solal tackles the Douglas ballad “For Suzannah” solo, putting his own melodic accent on the piece without blunting the composer’s distinctive voice. The set ends with four standards that are anything but standard, as the two players tear into these warhorses as if for the first time, finding ever new melodic and harmonic wrinkles.
01/07/06DownbeatPeter Margasak
Sterkt møte
Nestor i europeisk pianojazz møter ein av dei mest dynamiske musikarane i amerikansk jazz, og plata heiter «Rue de Seine». Vi snakkar om virtuosen Martial Solal (78) og Dave Douglas (snart 43), trompetisten med ei mengd konstellasjonar og plateselskap å spela på, på før han laga sitt eige Green Leaf Music, og spela høgfjellsjazz. «Rue de Seine» er eit flott møte mellom to sjeler, som fabulerer over eigne og andre sine låtar («Have You Met Miss Jones», «Body and Soul», «Here's That Rainey Day»). To musikarar som tar seg dei fridommar dei vil, arrangert eller ikkje, og det blir duospel av klasse. Dessutan skjønar eg for alvor kven Michel Petrucciani må ha hatt som pianoidol. Fred vere med han.
05/03/06www.dagsavisen.noRedaksjonen
Martial Solal and Dave Douglas
The multi-layered saga and creative fortitude continue in the life of Dave Douglas, your not-so-basic trumpet virtuoso, composer, bandleader, perennial poll-winner, and now record company micro-mogul (head of his own Greenleaf label). Two recent Douglas-related releases make for an illuminating two-part portrait of the artist, circa this season.

His own new quintet album, Meaning and Mystery, introduces a dazzling new voice, the brilliant and highly musical tenor saxist Donny McCaslin (although he has been lurking on the scene for several years). Meanwhile, Douglas’ fascinating duet project with the eminent French pianist Martial Solal, Rue de Seine, is a beautiful, brainy, and witty Euro-American summit meeting between kindred musical spirits.

Two Douglas originals are common to both projects: his sweetly rueful homage, “Blues to Steve Lacy” and “Elk’s Club,” with rubbery saloon-worthiness on the surface and ingenuity in the back pocket. Comparing the two different versions demonstrates the adaptability of the tunes and also validates the point that Solal is quite a band in and of himself. Without sacrificing taste or the poetic importance of space, Solal brings his intelligence and unique vocabulary to bear. He’s clearly one of our modern masters on piano, deserving vastly wider recognition.

On the duet recording, Solal’s own tunes, including “34 Bar Blues” and “Fast Ballad” tweak musical conventions firmly but gently, while their inside-outside take on “Body and Soul” and “All the Things You Are” make it clear that these musicians revere jazz tradition by relishing its innate insistence on progressive thinking.

The same essential message is integral to Douglas’ new album, on which he asserts his fresh, signature approach to the timeless Blakey-Miles quintet format. The only plugged-in sound comes from Uri Caine’s euphonious and sometimes sinewy Rhodes playing. James Genus and Clarence Penn, on acoustic bass and drums, supply a firm yet free-where-necessary rhythm section foundation. Throughout, Douglas and McCaslin work small and large wonders on the front line, respecting the ensemble imperative as well as the impulse to blow, all in a post-post-modern way.

Meter and structure are slippery matters, as in the frazzle-fast “The Sheik of Things to Come,” but Douglas somehow keeps the music carefully calibrated between poles of experimentalism and a reconfigured, Douglas-ized traditionalism. Hints of Douglas’ broader, extra-musical cultural and intellectual interests seep into the music at times. Delicate skeins of abstraction weave through “Twombly Infinites” (a nod to Cy), while the soulful, frictional energies in the 12:41 length of “Culture Wars” suggest it could be an instrumental essay on the dialectic of cultural multi-isms Douglas has long been engaged in.
01/08/06JazzizJosef Woodard
Martial Solal/Dave Douglas Rue de Seine
Tra le recenti novità discografiche sicuramente l'inedito duo tra il pianista francese Solal e il trombettista americano Douglas è il più intrigante. Era difficile immaginare cosa poteva nascere da questo incontro transgenerazionale, ben trentacinque anni di differenza tra Solal, che ha attraversato la storia del jazz in Francia da Grappelli a Stan Getz, e Douglas, trombettista instancabile nelle sue incredibili varietà progettuali. Li unisce la capacità di mettersi in gioco, il gusto per il rischio che l'improvvisazione richiede, il dono di non sapersi adagiare su formule battute. Il risultato, a mio parere, è di spessore notevolissimo. La musica è densa e complessa , sicuramente richiede molti passaggi per essere decifrata completamente (è il tono dei commenti degli appassionati francesi nel forum di Citizien Jazz), cosi' come lo era il precedente duo di Solal con Michel Portal . I due si sono divisi i compiti : ognuno ha composto tre brani (July Shower,34 Bars Blues e Fast Ballads per Solal, Blues to Steve Lacy, For Suzannah e Elk's Club per Douglas), poi altri quattro brani pescati tra gli standars (Body and Soul, All the things you are, Have you meet Miss Jones e Here's that rainy day) hanno completato l'album . Sicuramente un brano rapisce immediatamente : è il magnifico Blues to Steve Lacy, che inizia lento e maestoso, e dopo un breve, concentratissimo assolo di Solal vede Douglas librarsi ad altezze stratosferiche a campana aperta. Echeggia quà e la il ricordo di Woody Shaw più che di Miles, notevole anche l'uso della sordina in molti brani del disco (Elk's Club in particolare). Da raccontare la storia di For Suzannah, brano scritto da Dave e suonato dal solo Martial :" Noi abbiamo deciso che io mi assumevo l'incarico dell'introduzione e del tema. Ho suonato con la partutura sotto il naso e quando ho gettato un occhio su Dave, lui ascoltava intensamente senza portare la tromba alle labbra. Mi sono cosi' ritrovato alla coda del pezzo senza che lui intervenisse. Mi ha detto : non ne ho sentito la necessità, lo trovavo bellissimo cos' com'era." (Intervista di Alex Dutilh a Solal, Jazzman, febbraio 2006).
"Rue de Seine" oltre che titolo del cd, è anche una elegante strada parigina ricca di gallerie d'arte e sede dello studio dove è stato registrato l'album per l'etichetta italiana Cam Jazz. Curioso anche il fatto che prima del progetto comune Solal non conoscesse affatto Douglas. Sentiamolo dalle sue parole : " Conoscevo il suo nome ma non la sua musica. Mi hanno passato qualche disco e davanti alla sua originalità e alla maestria strumentale, due qualità fondamentali ai miei occhi, io mi sono detto immediatamente d'accordo. Lui sa suonare a velocità stupefacente, poche note oppure un flusso inarrestabile. Ho capito che si serve della tecnica per innovare....Il contatto con Dave è stato molto semplice. Abbiamo comunicato per mail, deciso di scrivere tre pezzi ognuno, quello che esattamente poi è avvenuto. Il primo giorno in studio abbiamo studiato i pezzi, e l'indomani abbiamo cominciato a registrare partendo dagli standars." (A.Dutilh-Jazzman).
Disco da cinque stelle, almeno per la mia sensibilità musicale, ma penso di interpretare quelle che saranno le recensioni della stampa specializzata internazionale, che ancora non si è espressa data la recentissima uscita del disco.
21/04/06Mondo Jazz - Vaol.itRoberto Dell'Ava
Martial Solal et Dave Douglas Rue de Seine
Dialogue de choix entre le pianiste, légende du jazz français, et le swinguant trompettiste américain pour donner une dimension spontanée aux partages des phrasés et autres harmonies.
01/04/06Lyloeditorial
Martial Solal et Dave Douglas Rue de Seine – three stars
Il est des disques comme de certains films : à trop en avoir entendu parler, on redoute d’être déçu pour avoir placé trop d’espoirs dans une affiche, un scénario, une distribution. Connu depuis plusieurs mois, le face-à-face de Martial Solal et Dave Douglas s’annonçait ainsi comme un événement duquel on pouvait attendre beaucoup. On pressentait que ces musiciens pouvaient avoir bien des choses à se dire avant même de s’être serré la main bien que leurs biographies n’aient guère de convergences. C’est dans le rapport à la musique – un refus des évidences, des voies toutes tracées, une vraie discipline instrumentale, une érudition sans borne jamais étalée – que se dessinait une connivence entre ces deux “fortes têtes”, que leur album non seulement ne dément pas mais encore fait resplendir à sa juste mesure. Ce deux hommes “se cherchent”, dans tous les sens que l’on peut donner à cette expression : provocation de l’autre, tentative de séduction, d’une part ; interrogation de soi, jeux de miroirs, émulation, d’autre part. Entre eux, le courant passe, et la musique étincelle. Pas de deux, chassé-croisé, course-poursuite sont les métaphores qui viennent à l’esprit. Sans surabondance, Solal se rend imprévisible, avec une économie de moyens nouvelle. Usant des sourdines, Douglas décline une gamme de sonorités qui servent son imagination fertile. Qu’ils jouent des standards vieux comme le monde ou des thèmes originaux, la fraîcheur est la même. Un art de la surprise permanente.
01/04/06JazzmanVincent Bessières
Martial Solal/Dave Douglas Rue de Seine – three stars
Tiens, un album de vrai jazz…
Pas du jazz pour relaxer les poissons rouges, ni du jazz pour faire pousser les plantes ou accompagner les cacahuètes. Pas du jazz à siffler, non plus.
Encore mieux : du jazz sans chanteuse ni chanteur ! Qui se souvient de cette musique qu’il fallait, il n’y a pas longtemps encore, mériter pour la déguster ?
Avec Martial Solal, pianiste à la technique surhumaine, on sait déjà qu’en bruit de fond, ça pourrait bien irriter les invités. Sans tambour mais avec une trompette, ce musicien immense s’adresse uniquement à ceux qui écoutent. Le dialogue qu’il noue avec Dave Douglas, l’un des souffleurs les plus singuliers de sa génération, est d’autant plus riche en vocabulaire que les deux ont en commun une véritable passion pour la musique classique, mêlée à un amour du jazz dans toute sa noblesse. Ces dix morceaux somptueux, mais rarement faciles, combleront les esthètes du genre avec une nourriture spirituelle comme on n’en trouve plus que dans les épiceries fines. Les efforts demandés peuvent paraître coûteux, mais la saveur est invariablement divine.
01/04/06Le Figaro magazineNicolas Ungemuth
Festival Banlieues bleues
Que peuvent se raconter une icône et un iconoclaste quand ils se rencontrent ? Martial Solal traverse le jazz moderne comme une ligne de force : il s’y ressource autant qu’il l’alimente. De son côté, Dave Douglas est un enfant terrible et surdoué. Une de ces comètes insaisissables qui ne cessent de rafraîchir la scène jazzistique...
23/02/06Le Nouvel Observateur Paris Ile-de-FranceJean-Michel Proust
Duo de générations
Voici un disque qu’il est peut-être judicieux de commencer par la fine pour mieux en apprécier tout le sel, tant l’inventivité incessante des deux protagonistes peut être parfois déroutante sur les compositions de leur plume qui ouvrent l’album. Au bout de cette “Rue de Seine”, le pianiste Martial Solal et le trompettiste Dave Douglas réinventent avec moult raffinement quatre standards. Ils parviennent à nous émerveiller encore avec des thèmes souvent entendus. À leur jeu de duo, l’aîné, le Français Solal, apparaît comme le plus malicieux et le plus joyeusement indiscipliné tandis que son cadet cultive ici davantage l’épure et la sobriété. Retenons dans ce bouquet d’intelligence musicale un “For Suzannah”, où le pianiste retrouve en solo des accents de Thelonius Monk et un très émouvant “Blues to Steve Lacy”, en hommage au saxophoniste disparu.
01/04/06La CroixYann Mens
Dave Douglas et Martial Solal Duo
L’océan Atlantique et trente-cinq ans d’âge séparent ces deux hommes. Malgré tout, Martial le pianiste et Dave le trompettiste ont été réunis intelligemment en studio par le label italien Camjazz, au nom de l’exigence musicale, de la virtuosité et du foisonnement d’imagination.
Une anecdote, recueillie par le magazine “Jazzman”, en dit long sur l’esprit de confiance et d’ouverture qui a guidé cet enregistrement. Alors qu’ils devaient jouer ensemble une composition de Douglas, Solal a introduit le thème au piano. Le trompettiste, son instrument à la main, est resté immobile, laissant Solal boucler le morceau tout sol. Douglas a assuré ensuite ne pas avoir vu “l’intérêt d’intervenir”…
Sur scène, ce duo est une première. C’est aussi l’un des événements du Festival Banlieues bleues.
22/02/06ZurbanJean-Yves Chaperon
Sur le ring du swing
Dans l’album “Rue de Seine”, Martial Solal et Dave Douglas disputent un match musical endiablé.
Marital Solal est facétieux. Au point qu’on pourrait prendre le titre de sa dernière livraison, “Rue de Seine”, comme un de ces calembours à tiroirs dont il a le secret. Serait-ce une si “rude scène” que la scène jazz où il s’est fait un nom ? S’il juge que oui, on pourrait le croire, lui qui la fréquente sans faiblir depuis 1945. Rude école, le jazz ? Sans doute, puisque le pianiste presque octogénaire travaille tous les jours d’arrache-pied pour conserver fraîcheur et jeunesse à son jeu.
…Étiez-vous à Clichy-sous-Bois le 28 fèvier dernier pour la rencontre Solal-Douglas parrainée par Banlieues bleues ? Fermez les yeux, on vous refait le match. À ma droite, Martial Solal, qui ne se débrouille pas mal non plus. Le disque porte la trace de ce duel de studio : les deux feinteurs se tournent autour pendant dix titres, autant de rounds. Feu et glace. Dave Douglas, c’est le chaleur, les trilles et les sons lascifs du boxeur dans l’effort. Martial Solal, c’est la sobriété, le tact, l’art des paquets de doubles-croches décochées en contretemps, en un éclair, en impromptu. Les deux bretteurs, l’un de trente ans le cadet de l’autre, semblent sur la même longueur d’onde bien qu’ils jouent ensemble depuis peu.
Comment ça marche, un duo de jazzmen ? Aux jeunes du “9-3” venus lui poser la question lors des actions musicales de Banlieues bleues, il répond : “Il faut des musiciens connaissant l’historie de la musique, ayant le même langage, et assez imaginatifs pour raconter une historie en oubliant tout ce qu’ils on appris”.
07/04/06l’HumanitéJean Noctiluque
Martial Solal, Dave Douglas. ‘Rue de Seine’
Deux phénomènes du jazz qui, dans un certain sens, ont des points communs : liberté tonale, fragmentation des thèmes, rythmes complexes. Cela fait que leur duo est un travail magique. La communion d’esprit est totale, d’une part dans le dialogue, mais aussi dans le talent de s’écouter et de laisser l’autre s’exprimer. Un mix de compositions de chacun et des reprises. On sent chez ces deux musiciens une volonté de continuer à aller de l’avant et de faire en sorte que la répétition, si l’on peut dire, soit exclue. Surtout de la part de Solal qui est d’une flamboyance totale, jouant avec un souci d’orchestrateur qui lui donne l’attitude de séducteur toujours en quête de perfection. On ne peut qu’applaudir. Douglas, lui, est un des trompettistes les plus accomplis, somptueux dans ses reprises “Body And Soul”.
10/03/06Jazz Noteseditorial
Rue de Seine
Martial Solal aime les aventures musicales en solo, duo, trio…. et plus. Ce qui lui faut, c’est l’inouï musical. Et question trompette, tout habitué pense immédiatement à “Portrait In Black And White” avec Eric Le Lann, complice de toujours. Pourtant, en 2006, Solal s’est associé à un bagarreur des portées pour un duo pas comme les autres : Dave Douglas. Trompettiste que l’on ne présente plus, ce dernier a une conception de la création musicale proche de celle du plus célèbre pianiste français : liberté, musicalité, humour.

“Rue de Seine” commence par six thèmes écrits par chacun et se conclut sur quatre standards parmi les plus joués. Programme amusant pour un disque qui permet d’apprécier le duo dans des contextes variés. Douglas n’est pas Le Lann et réciproquement. Donc “Rue de Seine” n’est pas dans le même registre que “Portrait In Black And White”. Et pourtant : qui brette avec Solal a du mal à tenir sa garde et se laisse vite emporter par l’esprit du pianiste… Le duo se trouve vite et la musique virevolte: contrepoints et unissons dans les expositions, majesté et espiègleries dans les variations, questions-réponses dans les conclusions. Égal à lui-même, Solal est un maître de la ponctuation : son texte musical est rempli d’une ribambelle de points, virgules, points-virgules, interrogations, exclamations… qui donne une présence rythmique savoureuse à son style. Il n’en finit pas de rebondir, à la manière d’un dessin animé de Tex Avery ! Douglas n’est pas en reste et se prête parfaitement au jeu de Solal. Il met en relief sa belle sonorité à la fois puissante et claire, s’amuse avec les thèmes, ricoche sur les propos de son comparse, et parsème son discours de phrases émouvantes (“Blues To Steve Lacy”). Il n’est pas étonnant qu’une rue qui fut choisie par d’Artagnan, George Sand, Baudelaire et bien d’autres soit une source d’inspiration… Et “Rue de Seine” en est une preuve infaillible.
28/03/08www.citizenjazz.comBob Hatteau