Francesco Bearzatti Tinissima 4et

MONK'N'ROLL

Cam Jazz CAMJ 7859-2

Item: full_album_8052405140937_CD

Artists :
Danilo Gallo ( Electric And Acoustic Bass )
Giovanni Falzone ( Trumpet )
Zeno De Rossi ( Drums, Percussion )
Francesco Bearzatti ( Tenor Sax, Clarinet )
Francesco Bearzatti Tinissima 4et ( Band )
Release date
Mar 12, 2013
Duration
1:05:09
Barcode
8052405140937

Francesco Bearzatti is, without doubt, one of the top musicians of Italian jazz, with certainly the most creative and abundant projects. After tributes to Tina Modotti and Malcolm X, which were widely acclaimed by critics and public alike, in Italy and abroad, he celebrates here the musical genius of Thelonious Monk with a project of pure adrenaline, where all the energy and power of renown rock pieces (by Led Zeppelin, Pink Floyd, Lou Reed, Michael Jackson, Police, Aerosmith...) intersect with those famous themes from the composer who passed away 30 years ago; one of the most extraordinary characters that jazz has ever known. Over recent years, Monk has been the subject of a careful re-evaluation by the critics, while the "new wave" of jazz, based primarily on improvisation, places him ideally as its reference point. Alongside Francesco Bearzatti, who plays saxophones, clarinet and live electronics on this record, is the highly-proven Tinissima 4et including Giovanni Falzone on trumpet and human effects, Danilo Gallo on double bass and electric bass,  and Zeno De Rossi on drums and percussion.


"It's a project, a dream - explains Bearzatti – made by four forty-somethings who grew up with rock and roll, but who then became devoted to jazz, to Monk".   And so now they have decided to put them together, merge them, as we often try to do with the things we love…  to take them always with us.


Recorded and mixed in January 2012 at Artesuono Recording Studio


Recording & mixing engineer Stefano Amerio


Photos by Valentino Griscioli


Album cover: Valentino Griscioli & Francesco Chiacchio

Reviews

Francesco Bearzatti Monk’n’Roll

E se Monk fosse stato una rock star? L’ipotesi è di Bearzatti, uno dei più creativi musicisti italiani (anzi europei), che in “Monk’n’Roll” schiera il suo Tinissima 4et per affrontare con piglio sulfureo il repertorio del sommo Thelonious.
Con un’operazione simile a quella dei Naked City di John Zorn, frulla le più note pagine del pianista “sferico” mixandole con schegge e frammenti della memoria rock. Green Chimneys dialoga con Money dei Pink Floyd, ’Round Midnight prende l’abbrivio da Walking On The Moon dei Police, Brilliant Corners trascolora in Under Pressure (Queen + Bowie) e così via. Il gioco di citazioni è godibilissimo, anche perché, spiega il sassofonista, “noi siamo cresciuti con il rock’n’roll, prima di diventare fedeli al jazz”.

9/5/2014Musica JazzIvo Franchi
Choc de l’année – Francesco Bearzatti Monk’n’Roll

Coquetterie? Provocation? Le dernier CD de Francesco Bearzatti, qui revisite Thelonious Monk en l’adossant à des rythmiques ou à des riffs tout droit venus de la pop, tient du collage dadaïste. Il crée un nouveau courant d’airs dans la maison du jazz: l’exposé de Criss Cross sur les fondations de Walk On The Wild Side - désormais épitaphe du chanteur Lou Reed – c’est plus gonflé que Madonna à la Bibliothèque Nationale. Francesco Bearzatti joue l’inversion maligne en confiant la matière première du jazz à la boutique d’en face tout en lui conservant l’avantage sur le thème et ses variations. Ce faisant, il reformule la question éternelle: faut-il emprunter pour survivre? Sa réponse m’a “Choqué”, moi qui ne suis plus “chocable” depuis longtemps!

4/12/2013Jazz MagazineDenis Lacerda
Francesco Bearzatti Tinissima 4et Monk‘n’Roll

Titel und Cover signalisieren derben Mummenschanz. Parodiert wird die fragwürdige Fotomontage auf Monks CBS-Album “Underground”. Statt verbaler Verrenkung a la Résistance-Kämpfer-Legende verpassen die vier Italiener dem Klassiker musikalisch neue Kleider: Mit Mitteln der reihenden Collage bzw. Interpolation stülpen sie ihm eine Rocker-Lederjacke über. Die meisten Themen Monks sind überschaubar in Perioden gegliedert. Da packen ihn die vier, ersetzen Periodenwiederholungen durch klassische Rock-Motive, mischen kraftmeiernde Riffs unter die Themen und spielen alles hochenergetisch mit wuchtigem Back-beat und wummerndem E-Bass. Verwundert reibt man sich die Ohren, da gerät “Criss Cross” auf die Wild Side, Pretty Woman wird mit “Bye-ya” bedacht, Led Zeppelin und Pink Floyd und andere mehr kokettieren mit der Jazz-Ikone. 14 der 16 Tracks haben Francesco Bearzatti an Klarinette und Saxophonen, Giovanni Falzone an der Trompete, Danilo Gallo an Bass und Zeno De Rossi am Schlagzeug so gestaltet. Unangetastet bleibt allein “Crepuscule with Nellie” und eine von drei Misterioso-Interpretationen. Die Clownerei macht zunächst durchaus Laune. Die vier spielen umwerfend effektvoll und virtuos mit dem Material – auch unter Zuhilfenahme verschiedener Electronics. Doch bald beginnt das Powerplay zu nerven, ist es doch mit harmonischer Reduktion erkauft, und der Monk-Bezug erweist sich als Staffage zur Zurschaustellung eigener derb witziger Collägier- und Zitier-Lust.

5/11/2013Jazz PodiumThomas Fitterling
Les 25 meilleurs disques de l’année

25 albums pour résumer une production toujours foisonnante. Classique, déjanté, lyrique, éclectique, expérimental, fusionnel, nostalgique, introspectif… le jazz est dans tous ses états en 2013…
L’ange du bizarre (Thelonious Monk) dopé à l’adrénaline du rock par un quartet d’Italiens aussi facétieux que virtuoses… On le sait, le jazz est un vampire qui depuis les origines va puiser dans toutes les musiques qui lui tombent sous l’oreille. Le saxophoniste et clarinettiste a eu l’idée savoureuse d’accoupler une à une les compositions de Monk à l’angle rythmique, sonore ou décalé d’un tube rock. Les Pink Floyd, Queen, Van Halen, AC/DC, Sting, Michael Jackson, Aerosmith, Led Zeppelin, The Knack et Lou Reed servent ainsi à tour de rôle de révélateur à l’intemporalité des mélodies devenues des standards du jazz. Sauf qu’ici, le standard est… en dérangement.

14/10/2013L’ExpressA.D.
Francesco Bearzatti, un hommage très rock à Thelonious Monk

Dans son dernier disque enregistré avec son quartette Tinissina, Francesco Bearzatti, saxophoniste et clarinettiste italien installé à Paris, rend un hommage percutant au géant du jazz Thelonious Monk (1917-1982)...
Né à Pordenone dans le nord-est de l'Italie, installé à Paris depuis 2000, Francesco Bearzatti s’est rapidement rendu incontournable dans le paysage jazzistique français. Aussi à l’aise à la clarinette qu’au saxophone, sur scène, ce virtuose italien quadragénaire impressionne par son charisme et son jeu totalement habité. Ex-enfant du rock (son premier instrument a été la batterie), Francesco Bearzatti s'est tourné vers le jazz à l'aube des années 90, partant l'étudier deux ans à New York. Quelques mois après son arrivée en France, il a été invité à rejoindre le groupe du batteur Aldo Romano. Devenu incontournable sur la scène jazz hexagonale, il est impliqué aujourd'hui dans des dizaines de projets jazz différents, allant de la tradition à une fusion rock, n’hésitant pas à faire sonner son saxophone amplifié comme une guitare électrique. En janvier 2012, l’Académie du Jazz lui a remis le prix du musicien européen de l’année.
Son dernier album en date, enregistré avec ses compatriotes du quatuor Tinissina, constitue un hommage joyeux et original à Thelonious Monk: une bonne douzaine de standards du grand pianiste jazz mélangés à des riffs de classiques du rock. Il fallait oser...
Pouvez-vous nous raconter la genèse du projet Monk'n'Roll?
J’ai écrit le premier arrangement sur Monk en 2005 alors que je jouais avec un trio new-yorkais, les Sax Pistols, qui n’existe plus aujourd'hui. J’ai eu l’idée de jouer "Straight no Chaser" avec "Walk this way" d’Aerosmith, mais on ne l'a jamais joué sur scène. Je l’ai enregistré plus tard avec Tinissima. Il y a quelques années, quand on a sorti le disque "Suite for Tina Modotti" (2008), on a commencé à pas mal tourner en France et en Europe. À la fin des concerts, en rappel, on avait l’habitude de reprendre des titres de la suite. Comme j’ai retrouvé l'arrangement sur Monk, j’ai proposé au groupe de le jouer en rappel. Après avoir écouté une suite très intense, le public appréciait beaucoup cette musique un peu plus pop, légère. Du coup, j’ai tout de suite proposé un autre arrangement, "Bemsha Swing" avec "Another one bites the dust" de Queen. Avec le groupe, on s’est beaucoup amusé. Alors, les autres membres de Tinissima ont commencé à proposer à leur tour des morceaux de Monk avec d’autres riffs célèbres. On a construit tout le disque ensemble et on est parti en studio.
Pour les arrangements, est-ce que vous partiez plutôt d’un riff rock ou d’un morceau de Monk?
Normalement, on partait du riff, parce qu'il allait constituer la base du morceau. On cherchait ensuite quel morceau de Monk pouvait y être associé, on essayait des trucs. Je me souviens qu’avec l’Iphone, avant de jouer en concert, dans les loges, on jouait très doucement, un membre du groupe disait "essaye ça!", on essayait, on rigolait, "Ah, c’est super!", et pendant les balances, on commençait à jouer les morceaux. On s’est amusé comme des gamins!
Quel est le morceau le plus amusant à jouer?
Pour moi, c’est "Trinkle Trinkle" de Monk associé à "Back in Black". J’avais 14 ans quand ce morceau de AC/DC est sorti. J’avais très envie de le jouer, mais avec le saxophone, c’était impossible. Et là, j’ai trouvé la façon de le jouer, de mettre du Monk et de faire un solo de guitare sur un riff que j’adore. Par ailleurs, je trouve que l’association de "’Round Midnight" avec "Walking on the Moon" de Police est très réussie. Globalement, je suis très content de ce qu’on a fait. (for the complete interview see culturebox.francetvinfo.fr/)

14/10/2013culturebox.francetvinfo.fr/Annie Yanbékian
Francesco Bearzatti Tinissima 4et Monk’n’Roll

Circola una battuta, attribuita a Thelonious Monk ma probabilmente apocrifa, secondo la quale “il rock è jazz ignorante”. Per descrivere questo disco di Bearzatti, basterebbe semplicemente apporre una virgola tra la penultima e l’ultima parola.
Scherzi a parte, nei suoi sette titoli da leader, distribuiti lungo quindici anni di carriera discografica, Bearzatti ci ha abituato a due costanti. La prima, che ogni suo sarà un vero progetto: non un assemblaggio più o meno casuale di brani, bensì un’opera compiuta, retta da un rigoroso filo conduttore. La seconda, che l’opera andrà a unire punti apparentemente lontanissimi, rivelandone affinità e convergenze. Questo “Monk’n’Roll”, come il titolo stesso denuncia, unisce due di tali punti: Thelonious Monk e il rock.
L’operazione di Bearzatti agisce a vari livelli. Innanzi tutto, c’è l’unione dei temi monkiani con riff e giri di basso ripresi da celebri brani rock: e così troviamo Bemsha Swing sovrapposto ad Another One Bites The Dust dei Queen, Bye-Ya con Pretty Woman, Green Chimneys con Money dei Pink Floyd, ‘Round Midnight con Walking On The Moon, In Walked Bud con Billy Jean, Blue Monk con My Sharona, Criss Cross con Walk On The Wild Side e così via. C’è insomma il gioco dello scoprire, ogni volta, gli accostamenti e usiamo la parola “gioco” nel senso nobile di divertimento e di sfida combinatoria. L’operazione di Bearzatti e soci non ha in realtà nulla di dissacrante o banalmente provocatorio, dato che tutti sono chiaramente mossi dal più autentico divertimento e da un sincero amore per entrambi i mondi musicali. C’è poi l’aspetto ritmico, per cui la batteria di Zeno De Rossi è chiamata spesso a marcare squadrate e rocciose ritmiche rock, accostate al più ortodosso swing. Infine, c’è il piano timbrico, per il quale Bearzatti riprende la pratica, già sperimentata in “Stolen Days” (Auand, 2006), di collegare il sax all’elettronica per trasformarlo in una chitarra elettrica. Ma il gruppo varia saggiamente le scelte secondo il brano, spaziando la morbidezza di Crepescule With Nellie e Criss Cross (quest’ultimo con Bearzatti al clarinetto e Falzone sordinato) al devastante impatto sonoro di Trinkle Tinkle e Straight No Chaser.
Ovviamente, perché il tutto funzioni serve una band compatta, disponibile al rischio e disposta a mettersi sulla stessa lunghezza d’onda del leader: come il Tinissima Quartet ha già ampiamente dimostrato di essere.
Un’ultima menzione per il Misterioso, ripreso quattro volte lungo il corso del disco, in cui i frammenti del tema sono ogni volta scomposti e lasciati galleggiare in una sorta di vuoto cosmico.

26/9/2013JazzitSergio Pasquandrea
Jazz’n’Roll & New Standards

Anche perché uno dei titoli freschi di stampa a cui ci riferiamo sta ai vertici della produzione che sviscera la succitata materia. D'accordo, la spina dorsale (l'arrosto) è il repertorio monkiano, però è indiscutibile che Monk'n'Roll (Cam Jazz) del Tinissima Quartet di Francesco Bearzatti abbini in maniera veramente felice (arguta, sapida, magari anche un po' cialtrona, perché no...) varie anime. Con la capacità di inventare. Una manciata delle più amate, coccolate icone monkiane si trovano così a convivere con (magari minoritarie) schegge che toccano Pink Floyd (tre diversi "Shine on You Crazy Diamond," da Wish You Were Here, ad attorcigliarsi su tre diversi "Misterioso") e Queen, Roy Orbison e Sting, ACDC (nientemeno...) e Led Zeppelin (l'urlo per "chitarra virtuale," che si fa quasi morriconiano - via Zorn - di "Immigrant Song"), Michael Jackson (e ridagli...) e David Bowie, Aerosmith e Lou Reed.
Anche come puro e semplice omaggio monkiano, fin dalla copertina che parafrasa amabilmente quella di Underground (titolo profetico?), Monk'n'Roll - in cui tutti giocano un ruolo determinante: le ance del leader come la tromba, mimetica e rigogliosa, di Falzone, Gallo come De Rossi - già si collocherebbe piuttosto in alto (e la concorrenza è piuttosto generosa, eufemisticamente parlando..). Così, un punto in più in pagella.

11/7/2013italia.allaboutjazz.comAlberto Bazzurro
Francesco Bearzatti électrise la musique de Monk

Ce saxophoniste italien réinterprète la musique de Thelonious Monk en glissant dans les compositions de ce dernier des accords puisés dans le répertoire rock, de AC/DC à Lou Reed en passant par Pink Floyd! C’est aussi fou que jouissif, comme la musique de Monk en somme.
“On est étonné de constater que la musique de Monk se prête si bien à votre exercice de collage...”
Tout simplement parce que le point commun entre Monk et le rock, c’est le blues, lequel est à l’origine de ces deux univers”.
“Comment votre projet Monk’n’roll est-il né? ”
Je suis aussi passionné par la musique de Monk que par le rock – avant de faire du jazz, j’ai fondé à New York un trio électro punk nommé Sax Pistols et j’ai été aussi DJ. Pendant une tournée avec le Tinissima Quartet, j’ai proposé à mes musiciens de jouer un premier titre combinant des morceaux de Monk et Aerosmith, juste pour voir, dans les loges ou durant les balances. Ça leur a tellement plu que ce qui n’était qu’un essai intuitif est devenu un projet à part entière que nous avons très rapidement concrétisé. Finalement, je constate qu’il résume tout ce que j’ai fait jusqu’à présent. Mes collègues comme moi-même, nous écoutons la musique à 360°, nous la pensons dans sa totalité. Pour nous, il ne s’agit pas d’être étiquetés jazz ou autre chose, mais plutôt de savoir si ce que nous faisons est bon ou mauvais”.
“Il est donc possible de produire de la bomme musique tout en faisant sourire ses auditeurs?”
Il y a en effet une dimension humoristique dans notre travail de collage - elle s’étend jusqu’au livret du disque, qui imite la pochette de l’album Underground de Monk. Les gens qui connaissent bien les deux répertoires sont très amusés par ce que nous faisons”.
“La scène jazz italienne se porte-t-elle bien?”
Il y a beaucoup de concerts, mais ce sont souvent le mêmes musiciens qui les donnent. Les autres, s’ils veulent développer leur talent, sont obligés de partir - c’est malheureusement le cas de pas mal de gens d’ailleurs, qu’ils soient artistes ou pas. En Italie, si vous n’avez pas les bonnes connexions… En France, un pays que je connais bien maintenant, on respecte beaucoup plus la culture”.

10/6/2013Paris Capitaleeditorial
Omaggio trasversale tra rock e Thelonious Monk

I pezzi del gigante del piano mescolati a grandi classici dei Pink Floyd, Queen, Aerosmith, Led Zeppelin. Risultato godibile.
Francesco Bearzatti rilegge Monk, la dirompente creatività di uno dei musicisti di punta del nuovo jazz italiano che si cala nella sempre attuale genialità dell’artista più enigmatico e surreale del ‘900. Personaggio eccentrico, che non amava parlare di sé e ancora mento della sua musica. Quest’ultima doveva bastare, e ancore basta, a raccontarlo. Anche se della sua arte restano soltanto una sessantina di composizioni conosciute e registrate, Monk rimane uno dei grandi compositori del secolo scorso, uno dei più originali e rivoluzionari con quella sua capacità unica di travolgere contemporaneamente melodia, armonia e ritmo. Non è un caso che i migliori omaggi alla sua musica siano arrivati dalle avanguardie jazz e così pure dal rock che fra effetti elettronici e sintetizzatori ne riscopriva la modernità dei suoi temi. E’ su questa strada che si muove anche Bearzatti con il suo Tinissima 4et, per poi spingersi oltre sul terreno di una contaminazione che spazia dal rock al pop più smaccato per riportarne a casa tutto il bagaglio di energia e di emozioni.
Con Monk’n’Roll le narrazioni appassionate degli omaggi a Tina Modotti e Malcolm X, cedono il passo all’adrenalina del progetto dedicato al genio musicale di Thelonious Monk, e al gioco divertito di quattro musicisti decisi a rileggere anche il proprio passato di giovani assetati di musica. Dal cilindro del Tinissima 4et – Bearzatti (sassofoni, clarinetto, live electronics), Giovanni Falzone (tromba, human effects), Danilo Gallo (contrabbasso, basso elettrico), Zeno De Rossi (batteria, percussoni) – rispuntano così le note dei Led Zeppelin, dei Pink Floyd e di Lou Reed, gli Aerosmith, Police, David Bowie e i Queen, Michael Jackson, pronte ad affiancare e a intersecarsi con i brani più famosi del compositore scomparso 30 anni fa.
In un continuo gioco di specchi, in riuscito equilibrio fra echi appena accennati e altri sottolineati con decisione, Misterioso incontra Shine On You Crazy Diamond, Bemsha Swing si fonde con Another One Bites The Dust e Green Chimneys con Money, In Walked Bud con Billy Jean. E poi ancora Brilliant Corners che si fonde con Under Pressure, Straight No Chaser con Walk This Way, I Mean You con Immigrant Song e Blue Monk con My Sharona. Una sferzata di energia che non scivola nella nostalgia.

7/6/2013l’UnitàPaolo Odello
Francesco Bearzatti Tinissima 4et Monk’n‘Roll

Dopo iI concept su Tina Modotti e Malcolm X, nel gennaio 2012 il Tinissima 4et di Francesco Bearzatti è entrato in studio per omaggiare, a tre decenni dalla morte, Thelonious Monk e la sua musica senza tempo. La foto di copertina ricalca quella di “Underground”. Com’era prevedibile, molti hanno avuto la stessa idea, per cui Bearzatti ha affrontato da una diversa angolazione le sacre partiture del pianista/compositore, mescolando ciascuna di esse con un brano altrettanto noto del rock. Sebbene in qualche momento l’impatto fragoroso pare contraddire le scarnificanti teorie del Maestro, tale metodologia permette in realtà di rinfrescare un repertorio spesso trattato con fin troppo calligrafismo, vedi le decine di pubblicazioni dello scorso anno.
Al leader (sax, clarinetto) si uniscono gli abituali partner Giovanni Falzone (tromba, effetti), Danilo Gallo (contrabbasso, basso) e Zeno de Rossi (batteria, percussioni). Pur bizzarro, il risultato è quantomeno energetico e imbottito di watt, una soluzione ideale per calamitare le attenzioni degli appassionati del rock (sia hard, sia raffinato). L’album esordisce con l’ipnotico “Misterioso” intersecato dalla pinkfloydiana “Shine On You Crazy Diamond”: i due temi costituiscono l’elemento coagulante dell’intera prova, difatti emergono a più riprese. E ancora, “In Walked Bud” e “Billy Jean” (Michael Jackson), “Straight No Chaser” e “Walk This Way” (Aerosmith), “I Mean You” e “Immigrant Song” (Led Zeppelin), “Blue Monk” e “My Sharona” (Knack). Ma gli attimi migliori, quelli capaci di equilibrare le filosofie di Monk e del brano pop prescelto, sono a nostro avviso “Brilliant Corners” e “Under Pressure” (David Bowie), “Criss Cross” e “Walk On The Wild Side” (Lou Reed). Un’ipotesi progettuale vitaminica, gioiosa e per nulla scontata.

28/5/2013Audio ReviewEnzo Pavoni
MONK’N’ROLL Francesco Bearzatti Tinissima 4et

Après Pierrick Pédron, qui soustrayait leurs accords aux compositions de Thelonious Monk dans son Kubic’s Monk, tout en les laissant entendre dans ses improvisations rigoureuses, voici un autre saxophoniste qui s’en prend au répertoire quasi sacré du prophète. L’exubérant sax ténor et clarinettiste italien Francesco Bearzatti traite seize compositions bien connues de Monk avec l’esprit du rock’n’roll, sans les déconstruire, mais en les animant d’une époustouflante énergie, pleine d’humour et parfois de drôlerie en même temps que de respect, car ce sont des joyaux, de Misterioso (le blues, traité deux fois) à Criss Cross, en passant bien évidemment par ’Round Midnight et Blue Monk.
Le Tinissima 4et est formé de Giovanni Falzone, trompettiste, Danilo Gallo, contrebassiste, Zeno De Rossi, batteur, et Bearzatti au ténor et à la clarinette. C’est dire que là aussi les accords monkiens sont sous-entendus dans les solos et sobrement évoqués par la ligne de basse. Du coup, on suit les solistes avec une attention alertée et on ne leur passe aucune facilité. Ce qui donne un disque la plupart passionnant mais parfois trivial. Monk reste une épreuve décisive pour un jazzman, a fortiori quand il est frotté au rock.

22/5/2013Télérama Michel Contat
Francesco Bearzatti Monk’N’Roll

Ad alcuni potrebbe sembrare un’assurdità, ma ci sono dei musicisti che nonostante lo scorrere del tempo rimangono sempre attuali. Uno di questi è il grande Thelonious Monk, artista che ancora oggi viene apprezzato e soprattutto eseguito dai contemporanei che sempre più spesso amano rivisitare l’universo creato dal pianista statunitense. Fra questi c’è senza dubbio Francesco Bearzatti che insieme ai Tinissima 4et, nel suo ultimo disco Monk’N'Roll ha saputo rileggere in una chiave del tutto personale alcuni dei più grandi successi di Thelonious Monk. Un progetto, dunque, che spiega bene l’approccio del sassofonista italiano che, senza tradire le sue origini, ha voluto accostare alcuni dei più grandi classici della tradizione jazz con i più celebri motivi della storia del rock. Per cui non stupitevi se ascoltando la versione di Bemsha Swing arrangiata dai Tinissima 4et sentirete il celebre motivo della canzone dei Queen Another One Bites The Dust; e non stupitevi neanche se insieme a Blue Monk sentirete il celebre riff di My Sharona. Sono accostamenti, infatti, che i più ortodossi potrebbero ritenere dissacranti ma che, secondo noi, risultano divertenti, fluidi e innovativi. E poi chi ha detto che non si può creare un ponte fra il jazz ed il rock?

21/5/2013SuonoCarlo Cammarella
Francesco Bearzatti Tinissima 4et “Monk‘N’Roll”

L’eclettica formazione “Tinissima 4et”, composta da Francesco Bearzatti al sassofono tenore e al clarinetto basso, Giovanni Falzone alla tromba, Danilo Gallo al basso elettrico e Zeno De Rossi alla batteria, giunge con questo intrigante “Monk'N’Roll” alla terza produzione discografica a suo nome. Come nelle precedenti esperienze, il gruppo trae spunto da una fonte ispirativa che funge da collante e canovaccio per l’intero svolgersi del disco, in cui esuberanza formale, imprevedibilità espressiva e assoluta trasversalità fra generi musicali la fanno da padrone. In questo caso, sarebbe estremamente riduttivo parlare di pura contaminazione o semplice intreccio fra diverse forme linguistiche, perché credo che si debba riconoscere alla vulcanica frontline tromba-sax e la dinamica sezione ritmica basso-batteria un incredibile coraggio e una sfrontata abilità nel sovrapporre alcuni fra i temi più conosciuti del “genio” Thelonious Monk ad altrettanti riff fra i più celebrati del pop-rock degli anni ’70. In tal senso, la commistione di atmosfere e soluzioni ritmico-formali che scaturisce dalla sensibilità estetica dei quattro protagonisti del collaudato e multiforme gruppo, si fa largo nel segno dell’irrefrenabile duo Bearzatti – Falzone, offrendo una fresca visione di un jazz ricolmo di notazioni, di omaggi e di riferimenti a strutture lontane dalla cultura afroamericana. A tal proposito, Queen, Pink Floyd, Police, Michael Jackson e Led Zeppelin, fra gli altri, formano un insolito sfondo ritmico per “Bemsha Swing”, “Green Chimneys”, “’Round Midnight”, “In Walked Bud” e “I Mean You” che, senza ombra di dubbio, appaiono le più riuscite fra le sedici strutture di questo nuovo progetto dei “Tinissima 4et”. Pertanto, il lavoro si propone con lo stesso entusiasmo progettuale del bellissimo “X (Suite for Malcolm)” del 2010, sebbene si denoti una minore originalità e passionalità di fondo che condiziona un tantino il libero esaltarsi del virtuosismo e del turbinante lessico di una fra le più innovative formazioni dell’attuale panorama jazzistico italiano.
La ripresa audio di questo inusuale connubio jazz/rock si rivela assolutamente adeguata al suo contenuto artistico, grazie a un’ottima riproduzione dello spettro dinamico-timbrico e la realistica ricostruzione dell’ampia scena sonora.

15/5/2013Fedeltà del Suono - La Bacchetta MagicaFrancesco Peluso
Jazz + Rock: agitado, no revuelto

...Algunas novedades recientes dan buena cuenta de esa sana influencia del rock en el espectro jazzístico, y algunas juegan directamente a la confrontación amistosa. Tal es el caso de “Monk’N’Roll” (Cam Jazz), nuevo disco de Francesco Bearzatti junto a su Tinissima Quartet, en el que el saxofonista italiano se atreve a versionear al mismo tiempo a Thelonious Monk y a algunos grandes del pop y el rock. Y lo de “al mismo tiempo” es literal: Bearzatti toma los temas y las melodías del inmortal pianista como motivo principal, ensamblándolos ingeniosamente con las armonías de temas míticos como “Another One Bites The Dust” de Queen, “Billie Jean” de Michael Jackson, “My Sharona” de The Knack o “Pretty Woman” de Roy Orbison. Tal cual. Las composiciones de Monk suenan al mismo tiempo que los populares temas (de forma más o menos explícita según la pieza), entrando y saliendo, dándose paso o entrelazándose de forma grácil y, por qué no, divertida.
El disco tiene varias lecturas gracias a ello; en una primera escucha uno se queda en los impresionantes arreglos que permiten semejante locura, debatiéndose entre lo familiar de algunas melodías y lo sorprendente de la mezcla resultante. Pasado ese efecto inicial, “Monk’N’Roll” emerge como un disco imponente, lleno de improvisaciones de altura y que funciona mucho más allá de su cuasi paródico motivo. La unión de “‘Round Midnight” con “Walking On The Moon” de The Police, la de “I Mean You” con “Inmigrant Song” de Led Zeppelin o el incendiario “Trinkle Trinkle” sobre el riff del “Back To Black” de AC/DC son los puntos álgidos de un disco que ofrece tantas alegrías como falta de prejuicios tenga el oyente.

4/5/2013elpais.com Yahvé M. de la Cavada
Thelonious rocks!

Spécialité de quelques DJ et bricoleurs des sources électroniques, l’exercice – souvent plus ludique que pertinent – est connu sous le nom de mash-up: il s’agit de mélanger deux morceaux antinomiques, connus de préférence, pour en créer un troisième (rythmique de l’un, voix de l’autre, tout est permis). Voilà qu’un jazzman s’y colle, et c’est parfaitement jouissif. “Ce projet, c’est une sorte de rêve réalisé par une bande de quadras qui ont grandi avec le rock’n’roll mais qui ont ensuite voué leur vie au jazz et à Thelonious Monk”, explique le saxophoniste et clarinettiste Francesco Bearzatti. Le principe est simple: percuter les standards de Monk et des tubes de la musique populaire, rock le plus souvent. Exemples : “Straight No Chaser” et “Walk This Way” d’Aerosmith, “Trinkle Tinkle” et “Back In Black” d’AC/DC, “ ‘Round Midnight” et “Walking On The Moon” de The Police, “Brilliant Corners” et “Under Pressure” de Queen, enfin pas moins de trois versions de la collision entre “Misterioso” et “Shine On You Crazy Diamond” de Pink Floyd! Bearzatti et le Tinissima 4et (le trompettiste Giovanni Falzone, le bassiste Danilo Gallo et le batteur Zeno De Rossi) s’y amusent comme de fous en jouant comme des sourds – au moins autant que nous à les écouter. La plaisanterie serait anecdotique si cette fine équipe n’y ajoutait une virtuosité décoiffante et une vista brillante au moment d’imbriquer des compositions aussi disparates. Succès assuré lors des soirées entre amis.

30/4/2013So JazzÉric Delhaye
Francesco Bearzatti Monk’N’Roll - “choc de mois Avril 2013”

S’il est un jazzman déterminé à secouer le cocotier et à retourner le sablier dans tous les sens, c’est bien Francesco Bearzatti. “Les fous, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît”, disait, en gros, le poète. Dans “Monk’N’Roll”, Victor Frankenstein, pardon, Francesco Bearzatti et son Tinissima 4et créent des chimères rigolotes à têtes jazz et jambes rock. Misterioso, Bemsha Swing, I Mean You ou Blue Monk, ces standards si profondément ancrés dans la mémoire collective des jazzfans, font corps avec ces grooves et ce riffs qui hantent la mémoire collective tout court: Billie Jean de Michael Jackson (produit comme chacun sait par Quincy Jones et “groové” à l’origine par le batteur de jazz Leon “Ndugu” Chancler), Immigrant Song de Led Zeppelin, Walk On The Wild Side de Lou Reed, que le combo hip-pop A Tribe Called Quest avait déjà samplé-détourné en 1990 pour en faire le joyeux tube Can I Kick It. Ou encore Back In Black d’AC/DC, dont le message a déjà été détourné en 2003 per le groupe hard-rock afro-américain de Vernon Reid, Living Colour. Ou même Walk This Way d’Aerosmith, repris en 1985 par les rappeurs impurs et durs de Run DMC, avec le consentement juridique et la collaboration visuelle – souvenez-vous de ce clip on ne peut plus crossover… - du groupe du lippu Steven Tyler. Sans oublier Another One Bites The Dust de Queen, qui était un détournement à peine maquillé de Good Times de Chic. Et même My Sharona de The Knack, que Frank Zappa, grand zappeur moustachu et apôtre de la continuité conceptuelle s’amusait à pasticher lors de sa dernière tournée en 1988!
Au-delà du (pas si) simple jeu de décomposition/recomposition, Bearzatti (ré)concilie le meilleur des mondes dans l’allégresse et fait naturellement corps avec ces musiques détournées de leur droit chemin. “Monk’N’Roll” est moins le disque d’un saxophoniste que celui d’un groupe, un vrai, uni, compact, pêchu: un vrai groupe de rock quoi! Tout en se jouant de “l’immense et compliqué palimpseste de la mémoire” (Baudelaire, cité dans Le Petit Robert), Bearzatti ne force pas le trait, surligne au Stabilo Boss jaune, bleu, vert, rouge, orange er rose (il a toute la collec’) les grands thèmes monkiens, sans jamais en heurter les contours ni les dénaturer. Plus qu’un tour de force, “Monk’N’Roll” est un manifeste pour le mariages gais – au temps du vinyle, on aurait pu dire aussi “un remède aux tristes cires”.

2/4/2013Jazzmagazine/JazzmanFrédéric Goaty
Francesco Bearzatti Drôle de mélange

Quand le saxophoniste/clarinettiste italien Francesco Bearzatti revisite l’œuvre de Thelonious Monk, il a transgresse avec fougue et irrévérence. On peut imaginer Monk coi devant tant d’audace, l’oreille tendue. Mélanger Bemsha Swing au Another Bites The Dust de Queen ou Criss Cross avec Walk On The Wild Side de Lou Reed: la prouesse du mash-up tient au fait que chaque standard garde sa personnalité et son génie, mais que la rencontre connecte deux univers qui se regardent normalement de loin.
La pochette du disque est dans ce même esprit… Référence à Monk devant son piano, mais ligoté.
Beaucoup d’humour dans ce disque fantaisiste que d’aucuns pourraient qualifier d’hérésie! Mais qui est merveilleusement réussi.

29/3/2013Le Nouvel Observateur - ObsessionElsa Boublil
"Monk" rock…

Le saxophoniste Francesco Bearzatti rend un hommage très rock'n'roll à "Thelonious Monk" dans "Monk'n'roll".
Avec Monk'n'roll, Francesco Bearzatti s'offre une lecture très personnelle de l'œuvre du pianiste et compositeur disparu il y a 31 ans. Le saxophoniste a en effet couplé les thèmes de Monk avec des tubes pop rock des années 70 et 80. Exercice périlleux, dont Francesco Bearzatti et son quartet se sortent avec brio. Le groupe qui ne compte pas de pianiste (un paradoxe pour jouer Monk), s'est manifestement beaucoup amusé à ce petit jeu pour lequel les musiciens ont dû se replonger dans l'œuvre du pianiste et compositeur autant que dans les classiques de la pop. A la clé, quelques pépites comme Walk on the wild side de Lou Reed avec Criss Cross ou encore Billy Jean de Michael Jackson avec Walked Bud.

24/3/2013franceinfo.frAnne Chépeau
Francesco Bearzatti, Monk et merveilles

Il fallait un sacré toupet pour oser un tel télescopage entre une pierre angulaire de l’âge d’or du bepop et les icônes du rock des glorieuses années 70, thèmes de l’un et tubes des autres imbriqués. En l’occurrence, Thelonious Sphere Monk, d’une part, pianiste de génie dont l’influence sur le jazz moderne et même au-delà demeure considérable, et d’autre part, quelques fleurons pop-rock du type Queen, AC/DC et Pink Floyd, entre autres mastodontes binaires.
Récréation. L’idée trottait dans la tête du souffleur italien Francesco Bearzatti depuis un certain temps. «J’ai commencé à penser en 2005. A l’époque, je tournais avec mon trio Sax Pistols, explique Bearzatti au téléphone, à sa descente d’avion à Milan, hier. »
L’effet sur le public ne se fait pas attendre, ce qui encourage les joyeux lurons transalpins à développer le concept, en multipliant les essais. Au cours de leurs voyages, dans le train et ailleurs, «on était comme quatre gamins qui s’amusent à expérimenter, exactement comme si on avait encore 16 ans!» avoue-t-il. Après deux projets bien accueillis du saxophoniste et clarinettiste, un hommage à Tina Modotti, mannequin, photographe et militante révolutionnaire, puis un autre à Malcom X, l’heure est à la récréation avec sas compagnons de route depuis cinq ans, Giovanni Falzone à la trompette et aux «effets humains», Danilo Gallo à le contrebasse et basse électrique et Zeno De Rossi à la batterie et aux percussions. «Il s’agit d’un travail choral auquel nous avons tous pris part, poursuit Bearzatti, la relation entre Monk et le rock se fait à travers le blues, et c’est là que nous avons trouvé la matière pour permettre ce collage.»
Hits. Sous d’hallucinants riffs de sax distordus, le résultat, parfois bluffant, relie avec une foi de quadras bercés au rock et convertis au jazz: Bemsha Swing et Another One Bites The Dust, de Queen, ou encore ’Round Midnight et Walking On The Moon, de Police. Idem des hits de Lou Reed, Michael Jackson ou Aerosmith. L’enregistrement aussi s’est déroulé à la manière de celui d’un groupe de rock privilégiant l’énergie: « Nous nous sommes retrouvés au studio sans répétition préalable et nous n’avons eu besoin que d’une prise ou deux maximum par morceau». C’est la même technique de collage que dans la musique qui a été utilisée pour la pochette de l’album: «Nous sommes des banditos, didt Bearzatti quant à la copie conforme, dans l’inspiration, du fameux Underground de Monk qui fit sensation et remporta un Grammy en 1968, avant le silence de ce pianiste hors norme, «compositeur granitique», selon l’Italien.

20/3/2013 Libération Dominique Queillé
FRANCESCO BEARZATTI TINISSIMA 4et: “Monk’n'Roll”

C'est surement une affaire de sales gosses hyper doués, trop respectueux de l'œuvre de Monk pour accepter de le voir fossilisé dans une posture immuable. Ces bandilleros qui vont jusqu’à reprendre la couverture de Monk (de l'album "Underground") se livrent sans le moindre scrupule (manquerait plus que ça!) à un vrai détournement en plein vol de tout un répertoire monkien avec ses tubes et ses morceaux moins connus sur l’aire d’autres tubes planétaires, pop et rock cette fois! Avec les mêmes allures révolutionnaires qu'un Thelonious dansant autour de son piano bastringue. Oui, Monk est aussi Rock et Blue et Monk peut être génialement massacré à grand coup de riffs de guitare. Ca ne frise pas le mauvais gout, ça s'y vautre avec la gaieté des cochons dans la mare. Si Monk est armé sur la pochette d' "Underground", Bearzatti manie lui, la dynamite avec un bel entrain.
Où l'on retrouve un Giovani Falzone en génial trublion, pétulant, incisif. Oui Monsieur qui gardez le temple trois fois saint, le jazz peut bien rigoler un peu avec les morts qui, c'est sûr ne demandent pas mieux, pour peu que la musique et le talent soient au rendez-vous. Et les exploits du saxophoniste et du trompettiste sur un "Bye-ya" forcent l'admiration de ceux qui disent "ça joue grave!".
Un "Criss cross" réarrangé avec un motif de basse á la Velvet Underground le bien nommé ou un "I mean you" sur l'air de "Billie Jean" de Michael Jackson, un "'Round midnight" façon "Walkin on the moon" de Police. Pourquoi pas? Ou encore, pourquoi? Le problème c'est que si le procédé marche une fois, voire deux, à la longue il ressemble un peu à un manque d'inspiration et ne convainc pas toujours. On préfère en revanche ces 4 variations intéressantes sur "Misterioso".
L'occasion est belle, outre l’énergie hallucinante déployée par ces 4 garçons dans le vent, d'apprécier aussi les talents inouïs de Bearzatti à la clarinette ou encore au ténor sur "Green chimneys" (avec un arrangement (d)étonnant). Mais, c'est la limite de l'exercice, si on marche dans ce coup de provoc, si l'on est emballés par l'audace, si on admire les numéros d'équilibristes au faux nez aussi géniaux que talentueux, on est en revanche un peu médusés par la portée musicale de l'ensemble qui quand même ne franchit pas vraiment la deuxième écoute et va vite se ranger dans la catégorie des curiosités que l'on ressortira dès que l'occasion s'en présentera.
Et faire pour faire du rock'roll avec Monk il faut véritablement des talents d'arrangeurs exceptionnels. Au risque d'en faire un objet totalement hybride.

16/3/2013lesdnj.com Jean-Marc Gelin
Monk’N’Roll

Les thèmes de Thelonious Monk ont des allures de petites ritournelles, assez semblables, ce qui en rend difficile l’identification. C’est qu’ils sont composés de brèves suites de notes chromatiques, d’intervalles variables suivis d’autres répliques chromatiques, ce qui a comme conséquence, comme Pedron le résume plaisamment, que quand on lit du Monk à l’envers, c’est encore du Monk). Leur apparente simplicité n’a pas attiré souvent les interprètes -à part ‘Round about midnight, thème qui commence très monkiennement, mais se résout traditionnellement (intervention du co-auteur Cootie Williams?)- qui, de plus, les dé-monkisent volontiers (Enrico Pieranunzi jouant I mean you dans son récent “Live at the Village Vanguard”).
Il est alors remarquable de voir deux jeunes musiciens au talent confirmé affronter le répertoire monkien. Le disque de Francesco Bearzatti, enregistré le premier (Cavilicco -Udine- les 3-6 janvier 2012), est sorti six mois après celui de Pierrick Pédron (enregistré à Paris le 9 juin 2012). C’est la musique d’aujourd’hui.
Pierrick Pédron (Saint-Brieuc, Bretagne, 1969) l’a fait en trio saxo alto-basse-batterie (avec l’adjonction d’un trompettiste pour trois morceaux), très arrangé du point de vue rythmique, la basse jouant sur les temps. Les thèmes semblent à la fois indépendants des rythmes et à certains endroits les rejoignent d’une manière inattendue. Cela donne une musique nerveuse, pourvue d’une énergie palpable qui en rend l’écoute prenante.
Francesco Bearzatti (Pordenone, Frioul-Vénétie, 1966) a utilisé presque le même format trompette-sax ténor-basse-batterie, mais avec un ajout d’effets électroniques. Son originalité, déclarée dans le titre et dans la liste des morceaux, est d’avoir associé des thèmes de Monk avec des thèmes de rock’n’roll. Ce point précis m’échappe car je ne connais pas ces musiques, qui m’apparaissent dès lors comme faisant partie d’arrangements sur la musique de Monk.
Ce qui vient d’abord à l’esprit, ce sont les trafics que Spike Jones faisait des pièces de musique classique ou de musique populaire, accélérant les tempos, transformant l’instrumentarium, parsemant le tout de bruits divers. Ainsi le thème de Blue Monk est d’abord joué avec des trémolos, puis sur un rythme de rock ou Brillant corners chanté par un chœur, ou encore ‘round midnight attaqué sur une sorte de marche rapide. Mais Bearzatti n’a pas qu’une intention humoristique. Il a aussi, d’une autre manière que Pedron, une pratique des ritournelles monkiennes sur des rythmes inhabituels, ces morceaux de rock’n roll connus et répertoriés dans le générique du disque.
On entend de la bonne musique, parfois surprenante, comme ces solos qui semblent de guitare (Trinkle Tinkle ou Bye-Ya) et sont sans doute attribuables à l’électronique dont est crédité Bearzatti (du saxo, comme pourrait le montrer certaines attaques “soufflées”).
Bearzatti soliste est un improvisateur formidable, débordant d’idées et d’énergie. Giovanni Falzone, le trompettiste, utilise souvent un impressionnant jeu de sourdine avec divers effets électroniques, comme dans Misterioso, entièrement wah-wah. À l’oreille, on ne sait d’ailleurs pas toujours qui joue quoi. La section rythmique joue un rôle essentiel, par sa versatilité, les changements immédiats de styles.
Crepuscule with Nellie (sic) est, comme le veut la tradition, joué tel quel.
C’est un disque qui surprendra -agréablement ou non selon la proximité de l’auditeur avec le rock ou le blues, ou selon son esprit d’aventure-, mais il dégage une joie et une énergie peu communes de nos jours dans le jazz européen, ce qui en fait un disque nécessaire dans notre époque de morosité et une musique enthousiasmante et qui suscite souvent la gaîté.C’est une nourriture roborative.

15/3/2013culturejazz.frPhilippe Paschel